L'1manquable

L'1manquable est la nouvelle rubrique consacrée à l'actualité artistique et culturelle vue par les étudiants de L1 sous la direction de P. Solini
 
Erosions, Guillaume Krick et Benjamin Thomas
Du 03 Octobre au 07 Novembre 2009
Galerie RDV, 16 Allée du Commandant Charcot, 44000 Nantes
Ouvert du Mercredi au Samedi de 14h à 19h, sauf fériés.
www.galerierdv.com
©D.R.©D.R. Erosions, réflexion sur l’urbanisation grandissante, sur l’occupation de l’espace par les êtres humains.
Travail photographique, sculptural et musical, l’exposition fondée sur l’observation de banlieues nord-américaines, ramène au cloisonnement invisible et insidieux d’espaces censés au contraire rassembler les hommes. Treize caissons de bétons, contenant chacun une photographie, encerclent le visiteur et matérialisent l’enfermement urbain. Celui-ci, noyé dans le flot urbain, est conditionné par le bourdonnement lancinant de la bande sonore. L’installation, enserrée de structures métalliques, barrières visuelles ouvertes dangereusement attirante, marquent la frontière entre l’homme et la ville.
On regrette toutefois le manque de volume de la galerie et la dimension minimaliste de certaines œuvres rendant parfois impossible une distanciation par rapport à celles-ci. De plus, il est dommage que les photos aient été retravaillées : le message est certes très clair, mais l’effet incongru.
Cependant, ces quelques maladresses n’entachent que peu le ressenti de l’observateur et ne dévalorisent en rien le travail des artistes : l’enfermement est là et reste là.

Florence Charrier (Audencia) et Hugo Bossaert (Audencia)
 
Performance dans le cadre des XXIIIe ateliers internationaux du FRAC des Pays de la Loire
HA ZA VU ZU,
FOR WHOM IS IT TOO
LATE TO DAY ?
BETWEEN STAMP AND MARS Exposition du 6 novembre 2009 au 31 janvier 2010
Entrée gratuite.
©D.R.©D.R. Dans le parc devant le Frac, on peut distinguer les restes d’une œuvre créée par un groupe de cinq artistes turcs : c’est un avion dessiné au sol grâce à du carton et des sachets plastique qui, avec le temps, ont laissé une marque plus claire sur la pelouse. Aujourd’hui on ne distingue plus que quelques cartons et plastiques, laissés là, ineffaçables par le temps qui passe.
A l’intérieur de la grande salle centrale, siègent les six autres œuvres créées par ce groupe :
Une grande photo s’étendant sur quatre panneaux, d’un drap reliant deux voitures, figurant ainsi une limousine Premier prix ; une salle qui a pu servir de hangar pour un groupe de musiciens, dont le sol est jonché de détritus, cartons, tâches de peinture et dont les murs sont couverts de petites affiches représentant la planète Mars. Derrière cette œuvre, une toute petite photo qui se remarque à peine dans cette grande salle, montrant des phares de voitures allumés sous un drap blanc dans l’obscurité de la nuit. Sur le même mur est accroché un immense drap blanc rectangulaire qui tombe sur le sol jusqu’au milieu de la pièce. Au premier abord, on croirait voir un monstre ouvrant grand la bouche, mais il s’avère représenter les phares et les vitres de la limousine que nous avions croisée au début ! A côté, de la paraffine est répandue sur le sol, comme si une bougie avait fondu, recouvrant un masque, puis s’était figée à jamais.
L’œuvre qui a le plus attiré mon attention a été faite directement sur le mur de la salle : ce sont des étoiles, des cercles et une autre forme, dessinés au marqueur comme si les artistes avaient utilisé un spirographe géant. Les couleurs sont nombreuses : vert, orange, bleu, rouge, violet, et le tracé fait vibrer le mur : entre lignes et courbes se dessine un mouvement qui rappelle les mires des passeports. Les différentes formes se dirigent vers un point central tout en laissant derrière elles la trace de leur passage. Au centre de l’œuvre se dresse une étrange tête de ciment, jaillissant du mur ; un être mi-homme mi-bête semble vouloir se libérer de l’emprise du plâtre blanc. Cette œuvre me conduit à m’interroger : Les mires d’un passeport rappellent la question d’identité et d’unicité impossible à falsifier… alors si c’est ce que je vois là, quelle est l’identité du personnage central ? Quel est le sens de ce geste qui tend à donner une véracité marquée à un personnage sorti de l’imaginaire ? Par ailleurs, pourquoi les artistes ont-ils laissé les traces de l’imperfection de leur œuvre : traces de ciment, erreurs dans le traçage des lignes… ?

Lors de cette exposition, le spectateur se retrouve dans un monde plutôt sombre, à la fois éphémère et ancré à jamais dans un temps arrêté, partagé entre imaginaire et réalité. Le titre « for whom is it too late today ? » retranscrit parfaitement cette impression du temps qui passe et du questionnement induit par l’ensemble des œuvres présentées.

Nolwenn Cleirec (Audencia)

 
Popisme, Episode V
proposée par Franck Lamy au lieu unique de Nantes
Du 18 octobre au 10 janvier
Du mardi au samedi de 13h à 19h / Dimanche : de 15h à 19h / Entrée libre
©D.R.©D.R. En répondant à des questions de Patricia Buck, Frank Lamy affirme : « Popisme est un projet de recherche évolutif explorant les relations diverses de l’art et de la musique ». A peine entré dans la première des sept petites salles, consacrées chacune à une œuvre de l’exposition, le spectateur peut constater que ce sont bien les relations entre l’art et la musique qui sont exploitées ici, mais à travers une notion qui n’est pas évoquée dans cette affirmation : la vidéo.
Devant le premier écran, le spectateur a l’impression de surprendre une chanteuse en pleine répétition dans un théâtre vide, sur une scène dénuée de tout décor. En pénétrant dans la deuxième salle, des chants espagnols a capella encore plein la tête, il est surpris de trouver une tout autre ambiance : il se trouve maintenant dans le jardin d’une maison en Croatie, entouré de jeunes adultes qui mangent et discutent autour d’un verre en chantant des chansons qu’ils connaissent plus ou moins bien. L’humeur est à la fête, à la convivialité. C’est ainsi que, d’œuvre en œuvre, le spectateur est transporté d’un univers à l’autre, plus ou moins gai, plus ou moins réaliste.
D’une rue que parcourent un homme et une femme en chantant, accompagnés d’une bande son, vous arriverez à une salle plutôt petite, au milieu d’une assemblée de notables du monde de l’art qui écoutent une star du porno leur annoncer qu’elle quitte le business. Vous vous trouverez ensuite sur le quai d’un fleuve au milieu de la nuit, à observer deux hommes silencieux dans une voiture, perturbés par un plus jeune qui pousse la chansonnette dans le coffre, ou peut-être aurez vous pris le chemin qui vous aura mené sur un véhicule arpentant les rues de l’Italie, transportant une jolie blonde entourée de quatre hommes en costume dont les expressions sont figées. Vous finirez peut-être sur un ring de boxe en compagnie de Marie Losier et des quelques danseuses en tutu rouge et lutteurs en combinaison noire, partagés entre danses et combats, au rythme de la voix de la femme, si vous n’étiez pas passés par cette scène au début de votre périple !
Le chemin qui mène d’une œuvre à l’autre ne dépend que du choix du spectateur et je pense que l’exposition est vécue à chaque fois différemment, selon l’ordre suivi par ce dernier. J’ai été surprise tout au long de l’exposition : le passage radical d’une ambiance à l’autre peut nécessiter un temps d’adaptation pendant lequel on n’est pas forcément très à l’aise avec l’œuvre que l’on a devant soi. Cependant, cette diversité peut être appréciée car ce sont aussi différents styles de musiques qui sont exploités dans ces vidéos, et il y en a pour tous les goûts ! L’exposition est comme une comédie musicale dont les chapitres ne sont liés par aucun thème.
D’ailleurs, certaines œuvres expriment clairement des thèmes de société qui sont extrêmement habilement mis en scène et remarquablement exploités, comme dans
Nausea 2 de Guy Richards SMIT, œuvre qui m’a particulièrement plu par sa capacité à exprimer des paroles profondes sur une trame typique des comédies musicales.
Cette exposition est à aller voir si l’on veut connaître une réponse possible à la question des frontières entre le plasticien, le musicien et l’acteur !

Nolwenn CLEIREC (Audencia)
 
Fascinante Italie
Du 20 novembre 2009 au 1er Mars 2010
Musée des Beaux-arts de Nantes
http://www.nantes.fr/culture/
©D.R. © Vincent Van Gogh, L’Italienne, 1887, Musée d’Orsay L’Italie… Cette terre génératrice d’imagination, de création et d’inspiration.
L’Italie… Cette terre de paysages maritimes et terrestres époustouflants. Enfin l’Italie… Cette terre de bon climat et d’odeurs florales incomparables. C’est ce que nous révèle cette exposition à travers des tableaux, des sculptures ainsi que des études d’artistes de la Renaissance à nos jours.
Aucune œuvre d’artiste n’est laissée au hasard puisque l’exposition est déployée selon différents thèmes qui s’emboîtent et s’enchaînent. Au commencement de tout, le voyage, celui d’Edouard Manet, nous transporte vers une Italie maritime et portuaire. Des peintures de Vassily Kandinsky, Toché, Béthune, Alexandre Cabanel… sont présentées au sein de cette première salle. C’est avec des paysages plus terrestres que se continue le voyage italien. Des villes comme Venise, Capri, Naples sont représentées ainsi que « la baie de Salème, paysage du midi » d’Auguste Renoir. La virée se poursuit en présence de thèmes historiques et religieux. Certains aspects du passé italien sont alors retracés picturalement. Le tableau devient alors une machine à remonter le temps puisque la promenade entre les œuvres, devient une promenade entre les époques. Le chapitre suivant est celui de la littérature. « La madeleine pénitente », tableau de Paul Baudry prend place dans cette partie de l’exposition. Enfin, la dernière salle nous emmène en voyage, celui de Picasso à Rome. On y découvre un ballet réaliste avec la collaboration de l’artiste pour les décors et les costumes ainsi que de celle de Jean Cocteau pour les indications plastiques.

Roxane Berthaud, L1
 
Mental Horizon de Christiane Geoffroy
Musée des Beaux-arts de Nantes, salle blanche
Du 23 Octobre au 7 Décembre 2009
Entrée libre
©D.R.©D.R. Exploration introspective

La Salle Blanche du Musée des Beaux-arts de Nantes accueille une série de photographies réalisées par Christiane Geoffroy regroupées sous le nom de « Mental Horizon ». L'ensemble se compose d'une dizaine de productions issues d'un travail qu'elle a mené sur trois semaines accompagnées d'une bande sonore discontinue organique et enveloppante ; « Le Chant des Dunes » travail du physicien et chercheur Stéphane Douady. Lors des quelques paroles que nous avons pu échanger avec elle, l'artiste nous a confié qu'elle est partie du mot horizon, lequel se définit par la limite jusqu'où peut porter notre regard. Reprenant le phénomène d'astro-physique qu'est le trou noir -les limites de sa compréhension et les conséquences qu'elles impliquent- comme motif, elle décide ainsi en élaborant par un seul trait et en suivant une même méthode de créer des sortes de « passages ». Semblables et différents à la fois, pouvant aussi être considérés comme des « portraits de familles ». Passé le stade du rapport très personnel qu'est l'accomplissement de chaque dessin, ces derniers ont ensuite été photographiés avant d'être agrandis. Il fallait bien donner une mesure à ces tentatives de percées d'infini, Christiane Geoffroy a choisi la taille humaine pour les dresser juste un peu au-dessus du regard.

Delphine Simeao
 
A dessein
Exposition du collectionneur et amateur d'art moderne et contemporain Alain Le Provost.
Atelier Bastille d’Eric Fonteneau – 44000 Nantes
Du 13 novembre au 13 décembre, les vendredis, samedis et dimanches de 14h à 18h
Entrée libre
©D.R.©D.R. DU DESSEIN AU DESSIN

Vous l’aurez compris, cette exposition traite du dessin. Mais quel dessin ? Le pastel, le crayon à papier, le feutre, la mine de plomb, la gravure, la peinture, la photographie, la lumière, le collage ? Alain Le Provost cherche ici à montrer que la technique du dessin ne se résume pas à un medium mais peut aussi être vu comme un geste ou un trait.
Il se permet donc, non sans nous déconcerter, d’exposer par exemple des « dessins au néon » comme Doo Doo de Christian Viart. Si nous pouvons  nous trouver perplexes en découvrant de telles œuvres, nous en savourons d’autant plus la présence lorsqu’Eric Fonteneau nous explique sa vision du dessin. En effet, ce mot tient ses origines du mot « dessein ». De plus, un dessin prend souvent la forme d’un croquis, d’une esquisse, en d’autres termes, d’un projet. Des œuvres comme la structure Adjunct Eye de Krysten Cunningham ou les photographies Van Dyck Shopping de Yves d’Ans reprennent alors toute leur légitimité au sein de cette petite salle blanche. Dessin comme projet artistique et dessin comme finalité se partagent donc cet espace.
Vous remarquerez la minuscule photo de Jean Suquet, intitulée Paroles en l’air, située juste au-dessous de la fenêtre. Cette superbe contre plongée, encastrée entre deux immeubles et débouchant sur un ciel marqué d’un nuage  Cornuel , vous livrera son trop-plein de quiétude. Dans cet atelier, nous nous sentons bien, nous nous sentons libres. En résumé : Fonteneau et Le Provost vous proposent une exposition riche (dessins meta-matic de Tinguely, magnifique étude de Delacroix,  boîte verte de Marcel Duchamp…) sur le concept fondamental de l’art, qui ne manque pourtant pas de nous surprendre.  

Estelle Bossis (Audencia) et Marine Colliard (Audencia)
 
LA SUBVERSION DES IMAGES
Centre Pompidou, Paris 1er
du 23 Septembre 2009 au 11 janvier 2010
©D.R. ©Man Ray : « Lee Miller's Neck ? », Paris 1929 Cette exposition regroupe près de quatre cents œuvres, retraçant ainsi la genèse de la photographie surréaliste. Les plus grands surréalistes y sont représentés : Dali, Eluard, Breton, Bunuel, Artaud, en passant par Man Ray, et bien d’autres.
L’exposition est organisée en neuf salles représentant chacune un point de vue, une théorie surréalistes, permettant ainsi au visiteur de comprendre toute la complexité et l’objet de ce mouvement si particulier et subtil, mais tout aussi populaire. La première salle est centrée sur l’action collective, chère aux surréalistes. L’on pourra se souvenir de la citation de Lautréamont dans les Chants de Maldoror : « La poésie doit être faite par tous. Non par un. » Ainsi, il nous est présenté de nombreuses photos de groupes, réunissant la fine fleur du mouvement surréaliste, et de nombreux collages de photos. La mise en scène elle-même rappelle le groupe, les conservateurs ayant décidé de présenter les photos sous forme de cadres accrochés « en vrac ».
D’autres thèmes surréalistes sont abordés tout au long de l’exposition : le théâtre (avec des photos de mise en scène fameuses, comme celles d’Antonin Artaud, offrant ainsi une réflexion sur la volonté de concilier désir d’une vision spontanée chère aux surréalistes et artifice de la pose) ; le réel, le fortuit, le merveilleux ; le photomontage ; la pulsion scopique ou le gros plan ; le modèle intérieur ; les écritures automatiques ; l’anatomie de l’image ; le surréalisme et la publicité.
Ainsi, cette exposition retrace à merveille la genèse de l’entreprise surréaliste, offrant des œuvres inédites, comme des courts métrages de Bunuel, Man Ray ou encore Dulac, et des œuvres plus connues comme l’explosante fixe de Man Ray (1934) ou encore la nébuleuse  d’Ubac (1939), que l’on continue d’admirer avec plaisir.
Ceux qui ont eu l’occasion de voir l’exposition Dali & film de la Modern Tate durant l’été 2007 pourront crier au déjà vu, mais l’intelligence de la mise en scène de cette exposition et la clarté de l’explication de la démarche surréaliste insufflent un nouvel intérêt à cette exposition, qui selon nous, est toute aussi réussie que la première. A voir donc absolument, pour les amoureux de la photographie et du surréalisme, tout comme pour les débutants en la matière

Site internet : www.centrepompidou.fr

Marine Colliard (Audencia) et Estelle Bossis (Audencia)
 
Mental Horizon de Christiane Geoffroy
Musée des Beaux-arts de Nantes, salle blanche
Du 23 Octobre au 7 Décembre 2009
Entrée libre
©D.R.©D.R. Entrons vite dans cette salle, où l’on découvre dix photographies de Christiane Geoffroy accompagnées d’une bande sonore faite à partir des enregistrements de Stéphane Douady. Le lieu est simple et calme, c’est là que le « Chant des dunes » viendra vous chatouiller les oreilles pour mieux vous faire voyager. Alors que certains passent seulement quelques minutes dans la salle, il est bon de s’asseoir, d’écouter et d’observer attentivement. On y verra des vortex spatio-temporels ou de simples spirales blanches sur fond noir, sur fond blanc. Pourtant, la netteté du centre emprisonne notre regard vers ce point de fuite imaginaire. Envoûtant, transportant notre regard, le tourbillon nous englobe par la finesse du trait. Nos pensées sont aspirées, l’ataraxie. Guidés par la musique, nous plongeons dans ces photographies, passant d’un bourdonnement aléatoire aux sons graves rappelant l’océan jusqu’aux « coups » intempestifs, tel un éclair, un orage arrive, turbulent. Ainsi notre corps entier devient récepteur et se laisse attraper par l’œuvre. Elle aspire et nous inspire, nous détend, nous apaise, nous fait voyager intérieurement. Il faut prendre le temps d’aller à cette exposition qui ne tient qu’en une salle, pour mieux vous capturer, et, si vous vous laissez attraper, vous explorerez votre horizon mental, sans regret. C’est personnel, ce sont des chemins intérieurs à chacun ainsi je vous conseille d’y aller seul pour mieux apprécier ces instant. Bon voyage.

Sandra Da Silva
 
JR
Autour de l'Ile Saint Louis, Paris

28 Millimètres Project: Women are Heroes
Du 3 octobre au 2 novembre 2009
©D.R.©D.R. JR fait voyager ses photographies, de Kibeira, à Rio de Janeiro, à New Dehli, à Phnom Penh à Paris. Il nous rapporte ces regards de femmes volontaires qu'il a rencontrées et qu'il nous pousse à rencontrer aussi. A qui appartiennent ces regards qui nous fixent des ponts de l'Ile Saint Louis? Qui sont ces femmes ? Qui change l'échelle de la ville, du passant, du regard? Parce que les photographies épousent l'architecture à l'air libre, elles appartiennent aux passants, au temps, aux intempéries, aux lumières changeantes de la ville. Elles changent le ton de la marche et donnent l'impression de croiser des regards sur tous les murs. JR nous rapporte des rencontres pleines de détermination et d'envie, envie de voir ce qui se passe de l'autre côté des murs, de l'autre côté de la planète. Ces photographies ont habillé des toits de favelas et des murs en terrain de conflits, de guerre, de violence, de pauvreté, et elles s'affichent aujourd'hui dans la capitale française, avec toute leur bienveillance et leur curiosité. Il reste quelque chose d'ironique sans doute, mais le temps fait déjà son œuvre et les regards tombent en lambeaux. Cependant la rencontre reste, comme imprégnée dans l'architecture.

Jaafar Sana
 
NOCTURNE RENCONTRE : MUSEE DES BEAUX-ARTS
RENCONTRE #1 : ART NUMERIQUE ET PROBLEMATIQUES SOCIETALES, 12 NOV 2009
©D.R.Premier test à Saint-Ouen, le 27 mars 2009 à 20h50, photo par HeHe La conférence présentée au Musée des Beaux-arts par Judith Lavagna (commissaire à Ars Longa, une structure qui se concentre sur le croisement entre l’Art, la recherche et la société) sur l’art associé à la nouvelle technologie et les problématiques sociétales actuelles, nous a permis de découvrir Helen Evans, artiste qui fait partie du collectif HeHe (Helen Evans et Heiko Hansen). L’œuvre principale de ce collectif est Nuage Vert, Fumée sans feu, feu sans fumée. Il s’agit d’un projet où l’on aborde la question de l’environnement, en pointant un laser vert sur la fumée d’usine polluante.

Aujourd’hui où l’on profite de la technologie de pointe, cela fait déjà longtemps que l’art numérique existe pour les publics, artistes et critiques d’art et le temps de revenir sur ses pas est passé. A l’occasion de cette conférence, nous avons pu, au-delà d’une simple appréciation d’œuvres finies, comprendre les étapes préparatoires à la rencontre d’une œuvre de ce type pour le public, l’interaction entre le public et l’œuvre, aussi bien que les points à améliorer et les directions générales.
Depuis récemment tous les domaines d’étude s’associent, un peu comme une mode en quelque sorte, comme la fusion de la biologie moléculaire et de la sociologie, ou celle de la mécanique quantique et de la philosophie, et progressivement cela se manifeste dans l’art contemporain aussi.
Tout comme le fait qu’on ne peut pas s’opposer à Internet qui est l’élément représentatif de l’interaction, l’art se dirige vers le moyen de communication plus direct et rapide suivant le changement d’aspects de la société. Ainsi les œuvres qui auparavant s’exposaient dans des galeries s’étendent dans les espaces publics. L’union entre l’art et la technologie élargit davantage de publics concernés, au-delà du peu qui gardait une sensibilité raffinée sur l’art avec relativement beaucoup de connaissances et d’éducation et qui avait le moyen de payer pour profiter de celui-ci. Bien sûr, cet élargissement de champ a commencé bien avant, mais il devient plus efficace lorsque l’art se montre renouvelé par la technologie, devant un public qui aujourd’hui est très dépendant de cette dernière.
Pour le nuage vert présenté à cette conférence, les spectateurs sont ceux qui consomment l’énergie et qui sont responsables de ceci dans une civilisation urbaine générale. Il s’agit d’une œuvre qui n’est pas installée de manière fixe, mais qui change de forme en fonction de l’énergie consommée et qui donc est immédiate et instantanée. Peut-être que c’est un peu contradictoire car l’œuvre elle-même consomme de l’énergie mais elle donne une esthétique visuelle et nous donne à partager l’esprit de notre époque.
Cet aspect pourrait diminuer l’inquiétude des gens qui pensent que le caractère humain du côté analogique de la peinture traditionnelle pourrait disparaître : car personnellement, même si la nouvelle technologie se mêle à l’art, les émotions humaines vont se conserver. Car l’expression même d’avoir le caractère humain change selon l’époque.

Mun-Kyo KIM et Soo-Min IM

Pour en savoir plus :
www.nuagevert.org
www.arslonga.fr
 
Popisme, Episode V
proposée par Franck Lamy au lieu unique de Nantes
Du 18 octobre au 10 janvier
Du mardi au samedi de 13h à 19h / Dimanche : de 15h à 19h / Entrée libre
©D.R.©D.R. Popisme, est la cinquième exposition proposée par Franck Lamy et qui réunit sept artistes autour du thème "les plasticiens et leur rapport au son". Le lieu unique vous ouvre les portes d'un espace composé de plusieurs grand cubes dans lesquels vous pouvez rentrer ou sortir comme bon vous semble.

Je pénètre alors dans le second cube où je me retrouve plongée dans une pièce très sombre, où seule la vidéo éclaire les quelques visages de la salle. La performance qui y est proposée est celle de Vincent Madame et Fanny Adler, leur performance intitulée Juste avant les forêts est basée sur un travail vocal et musical et élaborée à partir du texte de Bernard-Marie Koltés La nuit juste avant les forêts. Ce livre est un court récit, construit d'une seule phrase de cinquante-six pages, c'est d'ailleurs cette particularité qui a inspiré Vincent Madame et Fanny Adler, puisqu'ils ne nous proposent pas une lecture linéaire de ce texte. Au contraire, ils sélectionnent des morceaux, traitent la question du souffle et du rythme pour cet écrit dont le point de ponctuation est inexistant. Vient s'ajouter à leurs voix chantées a capella, une musique d'artifice créée pour l'occasion, dans un genre plutôt rock où les guitares électriques et la batterie se mêlent.

J'ai trouvé cette exposition intéressante et très bien agencée, car n'y a t-il rien de plus difficile que de mettre en valeur des performances vidéos? Le fait que chaque performance se trouve isolée les unes des autres et plongée dans le noir comme au cinéma, permet de vraiment si intéresser, sans être distrait. De plus cela se passe dans une ambiance intimiste où l'on vous suggère de vous installer confortablement, puisque des coussins jonchent le sol. J'ai été plus intéressée par le travail de Vincent Madame et Fanny Adler, car j'ai tout de suite été emportée par le rythme musical, le texte revendicateur et leurs manières très variées de chanter.

Clara Mari

Les autres œuvres vidéos : JOHANNA BILLING, Another album ; JESPER JUST, This love is silent ; VIRGINIE LE TOUZE, Hyper chanson d’A ; MARIE LOSIER, Papal broken dance ; VINCENT MADAME ET FANNY ADLER, Juste avant les forêts ; CÉCILE PARIS, les Italiens, un début ; GUY RICHARDS SMIT, Nausea 2
 
Elles@CentrePompidou
27 mai 2009 - 24 mai 2010
Centre Pompidou, Paris
elles.centrepompidou.fr
©D.R. Niki de Saint Phalle, Crucifixion, ©photo J. Artigue Questions de femmes / les femmes en question.

Trop d'informations. Le Centre Pompidou a choisi de faire les choses en grand pour son accrochage 100% féminin, et n'a pas fait les choses à moitié si on considère le nombre d'œuvres réunies (plus de 500) et le débat que l’exposition a suscité, traduisons cette polémique par le flux de questions qui passent par nos esprits. Cette exposition n’est elle pas un moyen de séparer volontairement les artistes, hommes et femmes ? N’est ce pas une façon de marginaliser les femmes artistes ? Cette façon de marginaliser les femmes en les séparant des hommes, et donc de la plus grande partie de l'art, leur est-elle bénéfique? Les hommes détiennent-ils le monopole des expositions contemporaines ? N’est ce pas une avancée dans le combat de la parité homme-femme qu’une exposition soit réservée aux femmes ? Les femmes sont-elles assez reconnues et représentées dans le milieu artistique ? Le nombre d’artistes contemporaines n’a-t-il pas augmenté au fil des années, comme le montre l’exposition ? Les femmes ont-elles besoin d’une exposition comme celle-ci pour montrer leur travail, pour exister en tant qu’artistes, pour que leurs œuvres soient reconnues ? Existe-t-il un art des femmes ? Est-ce que le simple fait d’être une femme artiste les place dans un même courant artistique ? Les artistes femmes doivent-elles exister en tant que femmes ou en tant qu’artistes ? Sont-elles femmes et artistes ou artistes et femmes ? Dans cette exposition les artistes sont elles exposées pour leur travail ou simplement parce qu’elles sont des femmes ? Ces cinq cents œuvres présentées ne seraient elles pas un moyen de s'excuser auprès des femmes délaissées jusqu'à maintenant ? Bien essayé ?

Julia Piccolo et Marion Rousseau
 
Exposition Valérie DONSBECKE «Architecture de verre»
Galerie Confluence, 14 quai de Versailles, Nantes
du jeudi 29 Octobre au samedi 28 Novembre 2009 - gratuit
©D.R.©D.R. La Galerie Confluence accueille jusqu'au 28 novembre une série d'œuvres
récentes de la photographe contemporaine Valérie Donsbecke.
«Architecture de verre» présente principalement un ensemble de vues de
la base sous-marine de Saint-Nazaire, mises en images puis insérées
transversalement dans des cubes de verre. L'ensemble de ces cubes est à son
tour photographié sur fond gris-clair neutre puis tiré sur de grands
formats.
 
Ici tout est une question de perception des formes : le volume du cube,
l'opacité et la transparence du verre trompent le regard du spectateur en
déformant la photo, qui intègre l'espace en se fondant à l'intérieur.
Libérée de son format par le volume cubique de son espace réflecteur
intégral, l'image trouble la vision du spectateur perdu entre vide et
plein, translucide et opaque. L'artiste entreprend donc un travail de
reconstruction du réel, modifiant les perspectives et perceptions de
l'œil face au réel mis à plat et photographié.
 
Dans une esthétique sobre et propre, Valérie Donsbecke nous invite dans un
voyage de la perception visuelle, au travers de constructions cubiques et
photographiques remarquables. On notera son dernier travail en date
présent dans la salle, se démarquant des autres : un assemblage de cubes
dont chacune des faces intérieures est recouverte d'une image représentant
une façade en construction, rouge de ses briques à peine cimentées. Il
s'agit sans doute là de l'aboutissement de cette recherche de l'espace
construit, en continuité à ses premiers travaux également présents.
 
Cette exposition fort appréciable et agréable à l'œil dans le cadre serein
et lumineux de la galerie Confluence, ravira tout amateur d'expériences
visuelles poétiques, qui n'hésitera pas à se lancer dans ce voyage
d'horizons nouveaux aux airs rêveurs d'une photographe contemporaine
prometteuse.
 
 
PLACE Baptiste, VAN PUYVELDE Billy
 
Nantes Silences, Ricardo Varini
du 6 mai au 27 juin 2009
galerie Confluence, 13 et 14 quai de Versailles, Nantes
©D.R.©D.R. Ricardo Varini expose à la galerie Confluence une sélection d'un travail photographique de trente années sous le titre 'Silences'. Il nous présente des photographies analogiques ou des diapositives tirées sur du papier coton 'Velvet' qui accentue les couleurs pastel et le côté éthéré des amples espaces. On se trouve ainsi face à des photographies extrêmement picturales, on se prend un instant à douter: est-ce vraiment de la photographie ou des toiles réalisées au pastel? Ces larges espaces convoquent l'éternité, vont au-delà du temps, invitent à la méditation et à la réflexion en nous laissant des impressions mélancoliques et crépusculaires. La recherche de sobriété est poussée à l'extrême, seuls restent les contours et choses essentielles, comme une impression, un souvenir. Ses photographies revêtent une dimension poétique, particulièrement calme bien que mélancolique, très froide par moments, une certaine hygiène de l'image. Ricardo Varini ne date ni ne titre ses photographies, laissant au spectateur le choix d'y trouver ce qu'il veut, ce qu'il ressent. Le titre, 'Silences', fait donc bien écho au vouloir de l'artiste, les images respirent, le spectateur n'est pas l’otage d'une invasion de codes, il peut ainsi laisser son imagination vagabonder et y retrouver des sensations et souvenirs personnels.

Ophélia Letourneau et Elodie Saubatte
 
Calder, les années parisiennes (1926-33)
jusqu’au 20 juillet
Centre Georges Pompidou
Paris
©D.R.©D.R. L’exposition Calder au Centre Pompidou rassemble des pièces que l’artiste américain a réalisées lors de son installation à Paris. Il est principalement connu en France pour ses œuvres suspendues se mouvant dans les airs, ses célèbres Mobiles. L’exposition nous donne à voir ses débuts en tant qu’artiste, des œuvres plus méconnues. Passionné par le cirque, le sculpteur a réalisé son propre cirque avec des objets- marionnettes. Ces petits jouets articulés, fabriqués par un assemblage de matériaux pauvres, sont manipulables. La première partie de l’exposition présente son petit théâtre d’objets ainsi que des enregistrements des représentations que Calder donnait en public. Puis un ensemble de dessins au trait unique, des sculptures figuratives au fil de fer, des portraits. Calder sculpte et dessine l’espace dans un même geste. Un jeu d’éclairage, par projection sur le mur, met en avant la sculpture comme dessin dans l’espace. Ses sculptures cinétiques au mécanisme rudimentaire, fil de fer et volume minimal marque son éloignement du figuratif. Nous sommes guidés dans son passage progressif à la sculpture abstraite. De courtes vidéos peu convaincantes mettent en scène le fonctionnement des machines.

Mis à part certains documents vidéos peu significatifs, l’exposition est assez agréable. La scénographie est aérée, légère. La sobriété de l’organisation spatiale met en avant la beauté, la finesse des objets de l’artiste. Alexandre Calder fabrique du magique avec du quelconque, de l’essentiel avec du presque rien.

On vous le conseille.

Céline De Vos-Brindeau et Alexandre Chanoine

 
Exposition photographique - Soizic Izzi -
jusqu’au 25 Avril 2009.
Espace Ecureuil, 2 rue Racine 44000 Nantes.
©D.R.©D.R. Après des études effectuées aux Beaux arts de Valence et de Nantes, Soizic Izzi, diplômée en 1999, se tourne vers l’enseignement des arts plastiques durant trois années. Mais, Soizic Izzi continue d’être animée de questionnements sur la photographie. En effet, elle poursuit un travail entamé aux Beaux arts sur « l’homme médusé » où elle interroge le medium de la photo, le temps... depuis une image figée.
Mais l’histoire de cette exposition remonte à l’enfance de l’artiste, en effet, à l’époque, avec un ami, elle aime se déguiser, se mettre en scène et se photographier. Dès 2007 Soizic Izzi commence une série de cartes postales intitulées « Le monde fabuleux d’Anne Danièle », puis «  Les voeux d’Eugénie ». Il s’agit désormais de capturer « l’autre ». Et voici le début d’une nouvelle aventure, car Soizic Izzi souhaite ouvrir ce monde fabuleux à tout le monde. Elle décide de photographier des personnes et de réaliser leur portrait imaginaire idéal. Il peut être issu de la mythologie, du rêve de films...Ainsi, dans l’exposition, nous pouvons découvrir par exemple le portrait d’un homme tout droit sorti de l’univers de Keaton ou un autre d’un conte de Peter Pan. L’artiste combine la photographie, l’aquarelle et l’utilisation de logiciels de photo pour créer l’illusion, le magique.
Sa démarche naît d’un désir de s’ouvrir à l’autre et d’une envie de légèreté ... être moins dans le discours, et plus à portée des gens à l’écoute de leur culture, de leur idéal. La preuve, car l’artiste, présente dans la galerie, accueille le « voyageur » avec une réelle tendresse, à la fois dans l’écoute et dans le partage. Cette rencontre vaut la qualité des œuvres qu’elle présente.
Cette exposition est un voyage intimiste, pudique et douillet où se mêlent rêve, douceur et humour. Nous pourrions parler de douce étrangeté onirique à qui sait entrer dans ces mondes fabuleux.

Lucie Gautier
Emmanuelle Boccou

 
Situation idéale, Gina Pane
Hangar à bananes, Nantes
Jusqu’au 26 avril 2009
©D.R.©D.R. Le Frac des Pays de la Loire conserve depuis 2002 les œuvres de la collection d’Anne Marchand, légataire universelle de Gina Pane (1939-1990). Grâce à cet ensemble, il est possible d’offrir, pour la première fois en France, une rétrospective de l’ensemble de la carrière de cette artiste qui a fortement marqué la scène artistique des années 1970 en créant un nouveau langage, mettant son corps au cœur de son œuvre. L’exposition «Situation idéale » présente une soixantaine d’œuvres réalisées durant trente années de travail. L’espace de l’exposition se décline en trois parties, suivant la chronologie de la vie artistique de Gina Pane : le rapport à l’espace et à la nature, un travail photographique témoignant de séries d’actions autour du corps et les partitions, inspirées de la religion chrétienne. Gina Pane était une artiste de la limite, se situant sur les lignes de frontière ou de jonction, entre terre et ciel, entre intérieur et extérieur, action et contemplation, enfant et adulte, érotisme et sainteté, vie et mort.
L’exposition permet de comprendre le développement et l’engagement sans concession d’une artiste exceptionnelle, traversée par les crises de son époque, alliant révolte et transcendance dans une étrange alchimie. On connaît la force de ses performances, mais nettement moins le reste de son œuvre. C’est tout l’intérêt de cette exposition, celle-ci nous permettant d’avoir un regard plus large sur son travail, donnant tout son sens à son message. Cependant la restitution uniquement photographique de ses actions (la majorité de l’exposition), ne rend pas suffisamment compte de la puissance de ses gestes.
On aurait voulu des vidéos!
Avis à se faire sur place…

Amélie Torres et Suzie Théréne
 
Warhol TV
La Maison Rouge,
Fondation Antoine de Galbert
Paris
18 Février - 3 Mai 2009
©D.R.©D.R. Jusqu'à présent nous connaissons Andy Warhol comme "le pape du pop art américain", la Maison Rouge nous ouvre les portes de l'univers télévisuel de celui-ci. En effet, l'exposition nous offre un zapping géant sur les années 80 autour de talk show, télé réalité, interview, soap opéra et divers programmes.
Nous plongeons dans son intimité à travers ses amis, des artistes mais aussi de jeunes talents (mannequins, boys band). Ce qui nous permet peut-être de mieux comprendre la personnalité de cette icône, tout en sachant que son rêve était d'avoir un contrôle total de son image.
Cette exposition est composée de différents espaces afin de recréer l'ambiance dans laquelle l'artiste pouvait évoluer notamment avec la reconstitution de sa chambre, son salon et l’intérieur de la factory...
Il est vrai que cet univers a été pour nous une découverte, et surtout de voir Warhol acteur de cette culture de masse. Ce que nous avons apprécié est cette foison d'images des 80's avec des artistes tels que David Hockney, Devo, New Order. En revanche, ce qui était dérangeant ce sont les interférences qui pouvaient rendre difficile la compréhension des informations émises.

Hanissa Bouacida
Léo Colas
 
L'exposition " Anatoliy TVERDOY "
Galerie TAISS
5,rue Debelleyme 75003 Paris
jusqu'au 31 mars 2009
©D.R.©D.R. Anatoliy TVERDOY est un artiste ukrainien pour la première fois exposé en
France simultanément à la galerie Taiss et au Grand Palais (à l'occasion de la
Foire d'art de Paris).
Lorsque nous rentrons dans cet espace nous sommes immergés en pleine période
de l'URSS où des personnages de taille humaine nous surplombent. Nous y
retrouvons l'ouvrier, le soldat, rappelant des marionnettes désarticulées mises en
place dans des situations grotesques où notre première envie est de trouver le
mécanisme pour les mettre en marche.
Alors qu'au rez-de-chaussée les personnages sont fabriqués avec des matériaux
et objets semblables à ceux dénichés dans des brocantes, les mannequins à l'étage
apparaissent plus modernes en costume noir plus généralement accompagnés de
miroirs déformants qui inscrivent le spectateur dans le même espace de
représentation que le pantin " bureaucrate " et l'emmènent à se poser des
questions sur la société actuelle.
On ressent dans le dernier étage une atmosphère étrange et schizophrénique
notamment avec les tableaux : " le leader " homme d'affaire jonglant avec les
chapeaux sur un miroir déformant et " dédoublement de personnalité " où deux
hommes se partagent une tête.
Ainsi dépêchez vous de rejoindre l'univers animé des pantins fantasmatiques
d'Anatoliy Tverdoy pour une visite étrange et magique.

Hélène Fischer
Audrey Ducreux
 

OUR BODY/À CORPS OUVERT
Du 12 février au 23 août 2009,
Espace 12 Madeleine,
75008 Paris (prolongation au parc floral dès la fin août).

©D.R.©D.R. OUR BODY/À CORPS OUVERT est une exposition qui soulève le scandale partout où elle passe. Il s'agit de corps de personnes décédées, toutes d'origine chinoise, ayant, selon les organisateurs, fait don de leur corps à la science.
Les cadavres ont été écorchés pour montrer l'ensemble de nos muscles, artères et autres ridules, puis, conservés intacts grâce à un nouveau procédé dit de « l'imprégnation polymérique ». Ils ont été ensuite mis en scène dans des positions de la vie quotidienne : sur un vélo, jouant au tennis...
L'exposition est divisée en six espaces mettant en relief les différents systèmes organiques qui régissent notre corps: Le système musculo-squelettique, le système nerveux, le système uro-génital, le système respiratoire, le système digestif, le système cardio-vasculaire.
OUR BODY/À CORPS OUVERT a pour vocation de sensibiliser le public au fonctionnement du corps humain. Pourtant les polémiques et positionnements que provoque cette exposition, sortent des contextes pédagogiques et scientifiques. Est-ce de l'art, de la science ou une pure exhibition commerciale ?
La confrontation à ces corps nous amène inévitablement à notre condition de simple (mais très élaborée!) machine naturelle. Avant d'être des êtres de pensée, notre appartenance au monde est d'abord matérielle. Ce face-à-face éveille notre humilité devant la création de la nature.
Déception tout de même que l'aventure n'ait pas été poussée plus loin. Il manque à OUR BODY/À CORPS OUVERT un petit quelque chose qui nous sortirait du rapport pédago-scientifique et pousserait plus loin ce que l'on peut qualifier de « véritable travail d'artiste », en amenant des débats sur l'avenir de l'être humain.

Pauline Petit
Julien Langlois
 

Exposition Gakona
Palais de Tokyo, Paris
Jusqu'au 3 mai 2009

©D.R.©D.R. Gakona est une ville d'Alaska abritant le programme de recherche américain HAARP
(High frequency Active Auroral Research Program). Une exposition traitant donc des recherches inquiétantes et déroutantes de la science et des possibilités les plus fantasques liées à l'utilisation de l'électricité. Les artistes Micol Assaël, Ceal Floyer, Laurent Grasso et Roman Signer présentent quatre installations ou plutôt quatre expériences énigmatiques sur l'énergie. Le spectateur, surpris, déambule à l’intérieur de ces œuvres immatérielles, discrètes, qui puisent leur vitalité dans les craintes et les fantasmes du visiteur. Cette exposition questionne les progrès de la science, sa relation ambiguë avec l'homme et nous fait voyager entre réalité, rêve et imaginaire. Quatre installations à découvrir qui vous permettent de voir la foudre sortir de deux parapluies, d'entendre une version mystérieuse de « Love me tender » qui n'a gardé que les « Me » et les « You », de voir une tondeuse en roue libre déplaçant des chaises à sa guise et surtout de faire une expérience étrange et stimulante : se balader dans une pièce où passe un champ magnétique de 10 000 volts.
Gakona est un savant mélange d’installations qui laissent perplexes, d’œuvres qui paraissent trop minimalistes pour un si bel espace. Les installations paraissent  quelconques et les objets sont usuels (parapluies, table de salon, chaises). Les phénomènes retenus et répétés sont bien plus que de simples effets d'électromagnétisme. Il s'agit bien d'un champ rempli de sculptures-accidents, laissant libre l'exploration de l'espace négatif, l'opposition des pôles et la tension qui en résulte. Le spectateur, saisi dans un climat de science-fiction, a la sensation d'un souffle permanent qui s'exerce sur lui.
Le Palais de Tokyo, comme à son habitude nous donne à vivre de nouvelles expériences. Gakona est une exposition rapide à parcourir mais surprenante, qui poursuit la volonté de stimuler une mécanique de la pensée et de l'attention.Alix Vilpoux et Diane Millot
 

L'exposition « Vides. Une rétrospective »
Centre Pompidou, Paris
Jusqu’au 23 mars

©D.R.©D.R. L'exposition « Vides. Une rétrospective » au centre Pompidou assume le parti pris de l'immatérialité totale face à un monde où les médias ne cessent de surenchérir dans l'excès et le plein.Cette exposition nous montre que l'art peut prendre le risque du vide, de l'ascétisme et de la distance vis-à-vis de l'actualité artistique récente marquée de débordements. Nous sommes confrontés au vide le plus total. Mais ce vide n'est que relatif, comme tout vide, il est plein de ce que chacun peut y voir... Ce qu’Yves Klein avait déjà tenté de nous faire partager avec son exposition entièrement vide en avril 1958 à la galerie Iris Clert. Apparaît alors l'idée qu'une exposition ne fait jamais l'objet d'un espace vide qu'il suffirait de remplir, mais plutôt d'un lieu toujours traversé par des forces (idéologiques, historiques, esthétiques, etc.). Il s'agit moins de remplir d'objets un espace vide que de le vider, le désencombrer, le nettoyer des forces qui le traversent et le définissent.
En immersion dans cet espace dénudé, le spectateur est amené à se construire un environnement dans lequel une errance paisible et reposante lui est offerte.
Mais cessons de parler dans le vide en espérant que vous irez faire le plein de vide au Centre Pompidou !

Amélie Canon & Mathilde Hijosa

   
Exposition Moderncité #3
Saint Nazaire, Grand café
Entrée libre
Du 13 décembre 2008 au 22 février 2009
©D.R.©D.R. Moderncité # 3 est le troisième volet d’une série d’expositions consacrées au milieu urbain, et plus précisément à l’idée d’abandon, de dilution de la modernité au sein du paysage architectural. On y trouve des œuvres de Martin Boyce, Didier Marcel, Cyprien Gaillard, Raphaël Zarka (ex artiste –chercheur à l’erban), Bojan Sarcevic et Guillaume Lebon.
Une première salle occupée par des propositions de mobilier urbain à mi-chemin entre esthétique et utilitaire. Malgré l’agencement de l’espace qui laisse la circulation agréable, les œuvres présentées ne nous ont pas particulièrement touchés, peut-être moins pertinentes que le reste de l’exposition.
« Les formes du repos » de R. Zarka présentent des « formes » ou des « objets « qui semblent être mis entre guillemets dans le paysage .Créant une géométrie pure dans l’espace .Formes abstraites parce que totalement dénudées, isolées. «Les formes du repos » objets vides et sans usage clairement déclaré, paraissent n’avoir plus de sens, créant un chaos parfait, elles peuvent presque être considérées comme la naissance d’un nouvel alphabet.
« Desniansk Raion », travail vidéo de Cyprien Gaillard, résume bien le sens de l’exposition. On y voit un affrontement entre Houligans d’une banlieue de St Petersbourg, symbole puissant de l’idée d’auto destruction née de l’époque et du contexte de vie d’une population. Suit ensuite la démolition d’une barre HLM précédée d’un spectacle de son et lumière, plutôt impressionnant. Enfin, le survol en ULM d’une banlieue morte de Kiev nous offre une vision sublimée du néant.
Une expo intéressante à 30 min de Nantes, la mer et les mouettes a proximité !

Elsa Lemesle
Marc Simonart

   
No discipline
Ron Arad
A la galerie Sud du Centre Georges Pompidou, Paris
Jusqu’au 16 mars 2009
©D.R.©D.R. Là où concourent les champs de la pratique artistique, de l’architecture, du design, il devient impossible de cerner une discipline particulière : d’où l’intitulé de la monographie consacrée à Ron Arad, architecte et designer d’origine israélienne.  Le parcours nous coule dans une spirale à l’image de son œuvre : le support scénographique se fait coquille pour appuyer ou abriter divers projets d’architectures, un espace de projection puis paroi tubulaire formant des alvéoles où se logent de multiples chaises, fauteuils, sofas, tabourets, tables,… Tantôt épuré et diaphane, tantôt brut et torturé, le design conserve un aspect organique et gracieux et déploie un univers à la fois enfantin et savant, mais toujours poétique. Des objets comme la bague, la ceinture, le ressort, la bille, des instruments comme la guitare ou le violon sont  transposés à une autre échelle, où l’accessoire devient mobilier : un écrin dont nous serons la perle dès lors que nous l’investirons. Il n’est plus alors question ni d’architecture, de design ou de sculpture : tout cela relève de l’orfèvrerie… et même de l’alchimie, puisque le travail instruit de la matière vient sans cesse la sublimer.
Une véritable chasse au trésor à mener jusqu’au 16 mars  au centre Pompidou.

Ledru Gabrielle, L1
 

> http://www.ronarad.com/gallery/pomp/pomp/pomp.html

 
Hydrogen Jukebox
Angers-Nantes Opéra
Au théâtre Graslin et au GRAND T
©D.R.©D.R. L'opéra créé en 1990 par Allen Ginsberg , poète américain fondateur de la Beat Generation et Philip Glass, compositeur contemporain s'exporte pour la toute première fois en France. Les deux hommes à l'origine de cet opéra ont marqué leur génération par l'avant-gardisme et la controverse qui découlent de leur travail.
La mise en scène de Joel Jouanneau se caractérise par l'utilisation de symboles propres à l'histoire des USA ; on identifie un décor inspiré de la Factory de Warhol et des figures stéréotypées : le soldat, l'indien, l'homosexuel... A moment de l'investiture du nouveau président des États-Unis, on retrace à travers Hydrogen Jukebox l'histoire d'une Amérique profondément perturbée et meurtrie par les guerres, les crises et les bouleversements culturels qu'elle a traversés depuis son accession au statut de première puissance mondiale dès les années 1950. Le tout est porté par un choeur qui charge en émotion les déclamations furieuses des vers de Ginsberg. La musique de Glass, caractérisée par son schéma répétitif à la résonnance parfois quasi-militaire fusionne avec les tragiques chants classiques des interprètes guidés par un chef d'orchestre affublé d'un costume de l'Oncle Sam.
Ici, le drame se mêle à l'ironie et permet de retrouver parfois une légereté dans la mise en scène mais révèle les faiblesses d' une Amérique pas si clean et irréprochable.

Ariane Yadan et Benjamin Moutte (L1)
  > http://www.angers-nantes-opera.com/
   
exposition Notorious
Au Plateau à Paris
©D.R.©D.R. L’exposition Notorious au Plateau à Paris nous renvoie explicitement à l’œuvre d’Alfred Hitchcock, intégrant de nombreuses œuvres acquises par le Frac d’Île-de-France au cours de ces deux dernières années.
Mêlant vidéos (Nightmare de Keren Cytter, (l) de Morgan Fisher, Danke Für Nichts d’Elise Florenty…), installations (Polka Dot de Mark Geffriaud), sculptures (The first minutes of october de Christoph Weber), collages (série de photos collages de John Stezaker), dessins (Eye view de Jean-Pascal Flavien), Notorious place le spectateur en tant que témoin de scènes de crimes, nous invitant à résoudre toute une série d’énigmes: complexité d’une géométrie, disparition de l’être humain comme enlevé de l’œuvre, installation nous invitant à devenir l’enquêteur. Le tout sur un fond sonore angoissant et strident, ambiance propre aux films d’Alfred Hitchcock. Le spectateur, ici, est posé en tant que voyeur.
La scénographie est cependant légèrement décevante. Les œuvres, trop proches les unes des autres ne nous permettent pas de digérer ce que nous venons de voir ou d’entendre.
Exposition à voir au Plateau jusqu’au 22 février 2009.
Aude Guillot et Anne-Lise Houlbert (L1)
  > http://www.fracidf-leplateau.com/